Le numérique est de plus en plus présent dans nos vies personnelles et professionnelles sans que nous prenions conscience des impacts à court, moyen et long terme. Or que l’on soit citoyens actifs ou retraités, étudiants ou élèves nous sommes sollicités par l’engouement frénétique pour les nouvelles technologies numériques dont l’I A est le fer de lance. Mais alors comment ne pas songer aux data centers qui en sont le point crucial. Des chiffres éloquents pour alimenter nos réflexions dont les projections sur l’IA parlent d’ un avenir à 4 800 milliards de dollars.
92 % des données des pays occidentaux sont stockées aux États-Unis , même si dorénavant les grands acteurs du numérique et d’Internet cherchent donc à localiser en Europe les data centers relatifs à leur activité. On a déjà dans notre pays 43% des infrastructures qui sont en Ile-de-France, suivie par les régions Auvergne-Rhône-Alpes et PACA, et nous nous situons au 8ème rang mondial derrière les géants que sont les USA (plus de 5000 data centers) et la Chine.
Depuis ces dernières années, les projets de data centers en France sont plus gros, plus nombreux (ils sont déjà plus de 300 sur le sol français) et ils demandent un raccordement direct sur le réseau de transport RTE. Le bilan prévisionnel de RTE publié en 2023 table sur un triplement de la consommation d’électricité des data centers d’ici à 2035, puisque entre les serveurs informatiques et les systèmes de refroidissement, les data centers sollicitent en continu d’énormes demandes électriques. De plus en plus certains soulèvent la question de l’empreinte énergétique des usages de l’intelligence artificielle, qui pourrait atteindre 10% de la production énergétique française. Mais dans ce cadre il ne faut pas oublier l’empreinte carbone du numérique attribuée à 46 % pour notre pays.
Ne pas omettre non plus l’empreinte eaux face à ce nécessaire refroidissement permanent. Elle est restée largement sous estimée alors que la demande mondiale d’IA devrait représenter 4,2 à 6,6 milliards de mètres cubes de prélèvements d’eau en 2027, soit plus que le prélèvement annuel total de 4 à 6 le Danemark ou la moitié du Royaume-Uni.
On assiste aussi à une demande exponentielle de câbles sous-marins, avec la consommation énergétique qui explose au niveau mondial et sans réelle régulation et d’informations transparentes. Notre vigilance s’impose.