Ce gaz le protoxyde d’azote nous avions déjà dénoncé , utilisé par certains comme gaz euphorisant alors qu’il avait comme utilisation primaire: en médecine pour ses effets anesthésiants et analgésiques, mais aussi en pâtisserie pour confectionner de la crème fouettée, de plus en plus détourné de ces usages.
En France, 6,7 % des adultes de 18 ans à 64 ans ont déjà expérimenté le « proto » en 2023, selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives. Vertiges, nausées, perte d’équilibre : les effets indésirables immédiats sont nombreux, et leur gravité s’accroît à mesure que l’usage augmente.
La vente de protoxyde d’azote est interdite aux mineurs depuis la loi du 1er juin 2021, mais souvent est-il acheté sur le web. En Ile-de-France, des arrêtés municipaux et préfectoraux ont été pris pour limiter la consommation dans l’espace public, souvent en vain.
Outre les risques sanitaires mentionnés, les bonbonnes peuvent devenir des bombes à retardement lorsqu’elles passent dans les fours des incinérateurs en n’étant pas complètement vides. Parmi elles, environ « 3 % explosent dans les fours », soit « une à deux explosions par jour »nous annonce un directeur de centre de valorisation de déchets.
D’après le Syndicat national du traitement et de la valorisation des déchets (SVDU), au moins un tiers des incinérateurs français sont désormais concernés par le problème. La perte atteint « entre 35 [millions] et 40 millions d’euros par an pour la filière », révèle Gabriel Volcovschi, secrétaire général du SVDU, qui avait déjà produit un rapport à ce sujet, en 2024. Ainsi la facture s’alourdit rapidement, chaque incident pouvant causer jusqu’à 200 000 euros de dommages. Cette substance cause des arrêts prolongés des incinérateurs et des pertes financières importantes.
Autre problématique à ne pas négliger : Les rejets de ce gaz toxique sont surveillés par les directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). « Nous ne pouvons pas dépasser soixante heures d’émissions de monoxyde de carbone par an », rappelle Mme Kuhler. « Mais, à cause des explosions, nous avons atteint cinquante-six heures d’émission dès juillet 2025, et jusqu’à soixante-quatorze heures en décembre », ajoute-t-elle.