Les fuites de gaz à surveiller et à éviter : une évidence

Le gaz fossile (composé en grande majorité de méthane) est partout autour de nous. Pourtant, en plus de réchauffer l’atmosphère (84 fois plus que le CO₂ sur 20 ans), il participe activement à la formation d’ozone, un polluant responsable de centaines de milliers de morts prématurées chaque année dans le monde.C’est une des raisons pour lesquelles  depuis 2014 , que la législation européenne sur le méthane impose des règles strictes au secteur de l’énergie pour traquer les fuites, involontaires ou liées à des opérations de dégazage et de torchage (le fait de brûler le gaz émis lors de l’extraction pétrolière).

Or c’est une étude menées par Les Amis de la Terre  qui pointe un problème considérable et persistant : 65% des 57 sites gaziers inspectés présentaient des émissions de méthane, un gaz à effet de serre responsable d’un tiers du réchauffement climatique mondial.

La réduction des émissions de méthane constitue malgré tout l’un des moyens les plus rapides de lutter contre le réchauffement, comme le rappelait l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans un rapport sur le sujet, début mai. Éviter les fuites et cesser le torchage de routine permettraient, en outre, de récupérer d’importants volumes de gaz, estimés par l’AIE à quelque 200 milliards de mètres cubes.

Le gaz fossile (composé en grande majorité de méthane) est partout autour de nous. Pourtant, en plus de réchauffer l’atmosphère (84 fois plus que le CO₂ sur 20 ans), il participe activement à la formation d’ozone, un polluant responsable de centaines de milliers de morts prématurées chaque année dans le monde.

Entre le 20 et le 30 avril 2026, les Amis de la Terre France et la Clean Air Task Force (CATF) ont mené une campagne de détection des émissions de méthane sur le réseau gazier dans le Sud de la France. Leurs observations sont analysées dans un rapport de terrain. Trois quarts des émissions détectées étaient des fuites involontaires, liées à des défauts d’étanchéité ou à des équipements défaillants.

Au-delà des impacts climatiques et sanitaires, ces fuites représentent aussi un immense gaspillage énergétique : chaque année en France, 4 térawatt-heures de gaz sont perdus sur les réseaux, soit l’équivalent de la consommation de gaz de Marseille et Amiens combinées, pour une valeur estimée à 225 millions d’euros.

Et pourtant c’est au nom de la sécurité d’approvisionnement énergétique , que la Commission européenne prévoit d’assouplir les modalités d’application du texte pour les importations d’énergie fossile – soit plus de 90 % du gaz et du pétrole consommés en Europe. Désormais, Bruxelles propose de suspendre pour trois ans (2027-2029) les amendes prévues dans cette loi quand les importateurs d’hydrocarbures enfreignent leurs obligations.

Méthane : la pollution invisible du réseau gazier