Tous les articles par Jacqueline Collard

Des interrogations sur le plastique recyclé avec des phtalates

Nous relayons une action qui nous parait judicieuse  et pertinente tout en ne reniant pas la nécessité de mieux maîtriser le domaine des déchets et leur recyclabilité.

L’ONG ClientEarth a lancé une procédure légale contre l’autorisation européenne accordée à des entreprises de recyclage d’utiliser du plastique contenant du DEHP, une substance toxique de la famille des phtalates. Le DEHP, un additif qui rend le plastique plus flexible, est présent notamment dans les textiles et les meubles. Toxique pour la reproduction et se répandant facilement dans l’environnement, il est soumis depuis 2015 à une procédure d’autorisation pour les entreprises souhaitant l’utiliser.

La Commission européenne a accepté en juin la demande formulée par trois entreprises de recyclage de plastique, mais ClientEarth, une organisation environnementale composée d’avocats militants, lui demande de revenir sur cette décision, par le biais d’une procédure ouverte aux ONG.

L’Europe affaiblirait les règles de l’agriculture biologique

Les instances européennes ont entrepris la refonte du règlement encadrant l’agriculture biologique. Sous couvert d’harmoniser et de rationaliser ce secteur, l’Union européenne pourrait en modifier profondément la nature en allégeant les contrôles, en instaurant des « seuils pesticides » ou encore en autorisant la culture hors-sol.

L’Europe du bio s’apprête à changer de régime. Une nouvelle législation sur l’agriculture biologique est en effet en préparation à Bruxelles, où les représentants de la Commission, du Conseil et de la commission Agriculture du Parlement sont en plein « trilogue ». Cette refonte du règlement cadre CE-834/2007 suscite une vive inquiétude chez les défenseurs du bio, qui craignent une remise en cause des principes fondamentaux sur lesquels s’est construite leur agriculture.

La Commission européenne veut également instaurer un seuil très strict sur les résidus de pesticides présents dans les produits récoltés. Au delà de 0,01 ppm (partie par million), ceux-ci ne pourraient plus être labellisés bio bien qu’évidement ceux ci sont affectés par une présence trop rapprochée de cultures en intensif.

pesticides non merci

Un autre point inquiète la filière bio, la possibilité de voir s’étendre la culture « hors-sol » (la culture « hydroponique » ou « hors-sol » est réalisée sur un substrat neutre et inerte enrichi de sels minéraux et de nutriments). « Ni la Commission ni le Conseil n’ont fait de proposition pour l’interdire. Chaque pays pourrait avoir sa propre interprétation du lien au sol que doit avoir l’agriculture biologique.

« Le fossé va aller en s’élargissant entre ceux pour qui l’agriculture biologique permet de repenser la logique du rapport à la ferme et à la terre en étant moins dépendant de la chimie et ceux qui veulent faire du fric ! » assène José Bové, membre de la commission Agriculture du Parlement européen.

Entre la négociation du texte, son vote et le temps nécessaire pour « fixer son application, le nouveau règlement ne devrait pas entrer en vigueur avant le 1er janvier 2018 

Ces déréglementations font frémir les producteurs en agriculture biologique dans leur majorité. Affaire à suivre!

Rapport de l’ANFR à propos des compteurs intelligents

Lors du congrès des Maires à Paris le 3 juin  l’ANFR a produit le rapport concernant son évaluation à propos de la mise en place des compteurs communicants et tout particulièrement des « LINKY » qu’ERDF ( ENEDIS désormais) déploie en France.

Voici ce rapport ANFR qui vient de tomber et sur lequel ERDF s’appuie : http://www.anfr.fr/l-anfr/actualites/toutes-les-actualites/detail-actualite/actualites/compteurs-linky/#menu2

Simultanément et fortuitement notre partenaire le CRiirem nous informe que les niveaux de champs de haute fréquences de la téléphonie mobile  dont les antennes foisonnent dans nos villes  (2G, 3G,4G)  sont  mesurés à 0, 00V/m dans certaines agglomérations par des laboratoires agréés COFRAC, nous pouvons nous interroger sur ces valeurs qui semblent ne pas être tout à fait conformes à celles attendues aussi le CRIIREM demande à nouveau une expertise contradictoire afin de confirmer ou infirmer ces valeurs.

Consommer autrement s’avère un objectif d’une majorité de Français

pla entréeLes Français veulent consommer « responsable et plus durable », et une écrasante majorité d’entre eux (94%) souhaitent revenir à des produits simples et accessibles à tous, selon une étude publiée avec le soutien de l’ADEME le 30 mai dernier.

Pour 32% des Français, il s’agit de « ne plus consommer de produits ou services superflus », et pour 16%, de « réduire sa consommation en général ».
Près des deux tiers des Français (60%) pensent que consommer autrement « c’est ne pas gaspiller, jeter », soit une hausse de 11 points en deux ans.
Environ 85% privilégient les entreprises ayant préservé une implantation locale, selon cette étude menée auprès d’un échantillon représentatif de la population française composé de 4.100 personnes âgées de 15 à 74 ans.
Ils sont 65% à considérer que les distributeurs ont la responsabilité de faire travailler des producteurs locaux et 32% déclarent acheter local.
Pour 30% des Français, un produit est responsable « lorsqu’il respecte les différents intervenants dans la production ».
73% considèrent que « les individus ont un rôle important pour agir concrètement en faveur du développement durable ».

Les jeunes se sentent particulièrement impliqués, selon cette étude : pour 75% des 15-24 ans (+3 points par rapport à l’ensemble de la population, et +8 points en deux ans), la prise en compte du développement durable est « une nécessité ».

La nouvelle Agence de santé publique (ANSP) crée à compter du 1er mai

Par lettre de Mme la ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, en date du 25 septembre 2014, une mission de préfiguration a été confiée au docteur François Bourdillon, directeur général de l’InVS, également directeur général par intérim de l’Inpes, en vue de la création d’une agence de prévention, de veille et d’intervention en santé publique, reprenant les missions, personnels et obligations de trois agences sanitaires : l’Institut de veille sanitaire (InVS),

l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes)

et l’Établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Éprus).

En 2016, l’InVS, l’Inpes et l’Eprus s’unissent donc pour créer Santé publique France ( ANSP) , la nouvelle agence de santé publique sera au service des populations. Son statut sera celui d’ un établissement public sous tutelle du ministère de la Santé selon l’ordonnance au « JO » le 15 avril, entrée en vigueur le 1er mai.

Ces missions principales  : anticiper, comprendre, agir

L’ANSP aura donc comme mission l’observation épidémiologique et la surveillance de l’état de santé des populations, la veille sur les risques sanitaires, la promotion de la santé, la prévention et l’éducation, la préparation et la réponse aux menaces, alertes et crises sanitaires, et le lancement de l’alerte sanitaire.

La gouvernance du nouvel établissement, créé dans la loi de modernisation de notre système de santé, associera des représentants de la société civile, des professionnels de santé et des usagers du système de santé, aux côtés des représentants de l’État, de l’Assurance-maladie, et des partenaires institutionnels, indique le communiqué du conseil des ministres. Le président du conseil d’administration désigné par l’État aura une voix prépondérante ; un directeur général (DG) assurera la direction opérationnelle de l’ANSP.

« La création de l’ANSP est l’opportunité de créer un centre de référence et d’excellence, fondé sur une expertise et une parole scientifique incontestables, à l’image des Centers for Disease Control and Prevention, du Public Health England ou encore de l’Institut national de santé publique du Québec », lit-on dans le rapport au président de la République, que « le Quotidien » a pu consulter.

Le Pr François Bourdillon en a été le préfigurateur. En tant que directeur général de l’InVS, il exercera les fonctions de DG de l’ANSP jusqu’à la nomination de ce dernier, poste auquel il devrait candidater.

Dans le détail, l’ANPS aura pour « ligne de force » l’axe populationnel, tandis que l’Agence nationale de sécurité du médicament s’occupe des produits, l’ANSES, de la sécurité sanitaire, et la HAS, des pratiques. « L’ambition est d’être au service des populations sur l’ensemble du champ sanitaire, de la production de connaissances à l’action de prévention ou en réponse à une situation de crise », explique le rapport au président de la République.

Gage de transparence, l’ANSP aura un « comité d’ouverture et de dialogue avec la société », chargé de préciser les attentes et interrogations de la société en matière de santé publique et de contribuer au développement de débats publics, et un comité d’éthique et de déontologie, à côté des (plus) traditionnels conseil d’administration et conseil scientifique.
Décret n° 2016-523 du 27 avril 2016 relatif à la création de l’Agence nationale de santé publique : https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2016/4/27/2016-523/jo/texte