La journée mondiale de l’océan ( en anglais World Ocean Day) est célébrée chaque année le 8 juin. En 2026, elle tombe ce lundi. Proposée par le Canada lors du Sommet de la Terre de Rio en 1992 et officialisée par résolution de l’ONU en décembre 2008, elle est aujourd’hui coordonnée par l’UNESCO. En France, le Nausicaá (Boulogne-sur-Mer) en est l’un des piliers fondateurs. Le thème 2026 est centré sur les Aires marines protégées (objectif 30×30), dans la dynamique du Traité de la haute mer.
L’an dernier c’était l’ouverture de la troisième Conférence des Nations unies pour l’océan (Unoc 3) qui a lancé à Nice le baromètre Starfish.
Son bilan est le suivant « La dégradation de l’océan se poursuit et s’accélère sur plusieurs indicateurs clés, tandis que les réponses politiques, financières et les efforts de protection demeurent insuffisants, tant en ampleur qu’en rapidité ».
Ce baromètre élaboré par 29 experts de 14 pays se présente de manière synthétique sous la forme d’une étoile de mer (Starfish) à cinq branches, il fournit des indicateurs sur l’état de l’océan, les pressions humaines, les impacts sociétaux, les efforts de protection et les opportunités pour l’humanité. L’océanographe Marina Lévy détaille les indicateurs du baromètre Starfish, qui souligne l’accélération des changements climatiques et environnementaux.
En premier lieu, celui-ci met en évidence « une dégradation continue de la santé de l’océan, aggravée par la multiplication simultanée des facteurs de stress climatiques » : élévation du niveau de la mer de 4,2 mm par an sur la période 2012-2025, près du double du rythme observé au cours des décennies précédentes.
L’objectif 30×30 avait donc été proposé pour protéger 30 % des océans d’ici 2030 ce qui engageaient les dirigeants mondiaux lors de la Conférence ONU sur la biodiversité, avec comme cadre juridique le récent Traité de la haute mer (BBNJ). La création d’Aires Marines Protégées (AMP) rigoureusement réglementées est essentielle pour transformer ces engagements en résultats concrets.
L’Union européenne, elle se positionne comme le premier fournisseur mondial de renseignements océaniques. Tel est l’objectif de l’initiative OceanEye lancée le mercredi 3 juin 2026 par la Commission européenne et qui constitue l’une des briques du Pacte européen pour les océans proposé l’an dernier.
Mais simultanément l’administration américaine retire (en haute mer) 900 instruments de mesure du réchauffement climatique des océans gérés par la NOAA*, considérant le changement climatique comme un « canular ». Cette information dans ce contexte est vraiment alarmante: prenons en connaissance.
Et pour cette journée mondiale des océans en France la Ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, annonce : « On vient de renforcer la protection de trois zones marines », Ces trois grandes aires marines dont la protection va être accentuée par la France se situent en Guadeloupe, dans la baie d’Audierne (Finistère), et dans les Terres australes et de l’Antarctique française. Le gouvernement accentue sa protection d’aires marines existantes et dévoile également ce lundi un nouveau plan de lutte contre les plastiques.
*NOAA, l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique.
Baromètre : starfishbarometer.org