Adoptée par le Parlement français (Assemblée Nationale en mars 2024 et au Sénat en juin 2025,), la proposition de loi visant à freiner l’essor de l’ultrafast fashion est bloquée dans des discussions entre la France et la Commission européenne., l’exécutif de l’UE s’est opposé à ce texte sur plusieurs points.
Or cette industrie de la « mode rapide » a un coût à la fois environnemental et social. Environnemental d’abord, car elle produit des vêtements à bas prix, en grande quantité, et de faible qualité (trop fréquemment avec des fibres toxiques), et social , puisque la confection se fait sans respect des ouvriers manufacturiers ce qui explique les faibles prix.
Cette hausse de la consommation de textiles à bas prix a des effets néfastes pour l’environnement et l’Union européenne entend agir : elle ambitionne de réduire drastiquement les déchets qui en découlent, de prolonger la durée de vie des vêtements et de favoriser leur recyclage.Une stratégie qui s’inscrit dans le vaste plan de transition vers une économie circulaire d’ici à 2050.Dans le cadre de ce plan, la Commission européenne a présenté en mars 2022 une feuille de route visant à rendre les textiles plus durables, réparables, réutilisables et recyclables, à lutter contre la fast fashion et à stimuler l’innovation dans le secteur.
Selon le Parlement européen et le Conseil, l’UE génère 12,6 millions de tonnes de déchets textiles par an. Les vêtements et chaussures représentent 5,2 millions de tonnes de déchets, soit 12 kg de déchets par personne chaque année. Au total, seulement 1 % des textiles sont recyclés, et la plupart (87 %) sont incinérés ou mis en décharge.
Depuis le 1er janvier 2025, les États membres de l’UE doivent ainsi organiser, conformément à une directive européenne, la collecte systématique des déchets textiles. Au niveau français comme au niveau européen le 5 février 2025, la Commission européenne a proposé de nouvelles mesures pour renforcer le contrôle des plateformes de vente en ligne, et le 9 septembre 2025, le Parlement européen a donné son feu vert à une révision de la directive sur les déchets, impliquant notamment la responsabilité des producteurs dans la gestion des déchets textiles.
Nous attendons par conséquent une rapide décision favorable à une régulation efficace de ces dispositifs.