Les PFAS, surnommés « polluants éternels » en raison de leur grande persistance dans l’environnement, sont utilisés depuis les années 1950 dans de nombreux produits du quotidien. Leur présence dans l’eau potable doit être strictement contrôlée, les seuils abaissés et les rejets de PFAS dans l’eau sanctionnés.
Rappelons que ces molécules chimiques font parties d’une famille de plusieurs milliers de molécules utilisées depuis des décennies dans une large gamme de produits – ustensiles de cuisine, vêtements, cuirs, farts de ski, mousses anti-incendie, pesticides, etc. – pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes, déperlantes. Ils ont progressivement contaminé à des concentrations diverses l’environnement, les organismes vivants et toute la chaîne alimentaire.
Depuis le 1er janvier, les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), souvent désignées comme « polluants éternels » en raison de leur persistance dans l’environnement, sont interdites en France tout particulièrement dans les vêtements, chaussures, cosmétiques et farts pour les skis. En outre, la recherche dans l’eau potable de 20 de ces molécules est désormais rendue obligatoire dans l’Union européenne – la France a ajouté à cette liste l’acide trifluoroacétique (TFA), le plus répandu des PFAS.
Le décret n° 2025-1287 du 22 décembre 2025 relatif à la sécurité sanitaire des eaux destinées à la consommation humaine a été publié. Ce décret ajoute deux nouveaux PFAS (substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées) à la liste de surveillance européenne prévue par la Directive (UE) 2020/2184. Les deux nouveaux PFAS ajoutés sont :
- L’Acide trifluoroacétique (TFA) : Un PFAS à chaîne courte.
- Un autre PFAS : le 6-2 FTSA acide 6-2 fluorotelomère sulfonique perfluoré ( C8 H5 F13O3S)
(moins persistant et bioaccumulable que le PFOS, utilisé comme surfactant et dans les mousses anti-incendies, mais potentiellement immunotoxique.)
-
Objectifs et mesures
- Surveillance généralisée : À partir de janvier 2026, la surveillance des PFAS dans l’eau potable deviendra généralisée en France, conformément à la directive européenne transposée en droit français.
- Réduction des rejets industriels : La France vise une diminution de 70% des rejets industriels de PFAS dans l’eau d’ici fin février 2028, avec un objectif ultime de tendre vers la fin des rejets d’ici le 27 février 2030.
- Seuils ambitieux : La ministre retient le principe de seuils ambitieux, issus du projet d’interdiction des PFAS en cours d’examen au niveau européen, afin de protéger au mieux les Français.
- Trajectoire nationale de réduction : Un projet de décret définit cette trajectoire nationale de réduction des rejets de PFAS dans l’eau, qui doit tendre vers zéro d’ici 5 ans.