Pour une meilleure connaissance des pollutions PFAS dans les eaux et donc les sols

Depuis janvier 2026, l’analyse de 20 PFAS dans l’eau potable est obligatoire en France, en application d’une directive européenne.

La directive prévoit 100 nanogrammes maximum par litre d’eau du robinet pour la somme des concentrations de 20 polluants éternels. Le Haut Conseil de la santé publique recommandait en 2024 de retenir un « seuil de 20 ng/L pour la somme des concentrations de quatre PFAS (PFOA, PFOS, PFNA et PFHxS) », dont la surveillance est considérée comme prioritaire.

Mais dés cet été il deviendra obligatoire de mesurer les teneurs en PFAS dans les stations d’épuration et leurs boues utilisées pour l’épandage agricole, qui permettent  de fertiliser les sols, et  ces rejets sont parfois contaminés par les polluants éternels.

Les 1 100 stations qui devront réaliser ces tests représentent 6% des stations d’épuration dans le pays, mais produisent 85% des boues épandues en France. Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), instance qui conseille le ministère de la Santé, travaille actuellement pour définir les normes de teneurs en PFAS dans les boues d’épurations, car il n’en existe pas pour l’instant.

Un arrêté ministériel du 3 septembre 2025 impose aux stations de traitement des eaux usées urbaines (STEU) de plus de 10 000 équivalents-habitants de réaliser, d’ici fin 2026, une campagne de mesure des substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) dans leurs eaux d’entrée et de sortie. Un pas décisif pour mieux comprendre l’ampleur de cette pollution émergente et renforcer la protection sanitaire.

Une suite du plan d’actions interministériel sur les PFAS (avril 2024) et de la loi du 27 février 2025 visant à protéger la population des risques liés aux PFAS, l’arrêté du 3 septembre 2025 détaille les modalités de surveillance des PFAS dans les eaux traitées par les STEU.

Sont concernées toutes les stations de plus de 10 000 équivalents-habitants, soit environ 1 300 installations en France. Ces dernières devront réaliser, avant le 31 décembre 2026, trois campagnes de prélèvements et d’analyses, espacées d’un mois, sur des prélèvements moyens 24 heures.

Les limites de quantification imposées sont strictes :

  • 50 ng/L pour chaque PFAS en entrée de station ;
  • 20 ng/L pour chaque PFAS en sortie ;
  • 2 µg/L pour le fluor organique adsorbable (AOF), indicateur de la charge globale en PFAS.