Ne parlons plus d’eau abondante!

La sécheresse intense que nous connaissons cet été qui frappe de nombreux  pays, pose avec une nouvelle acuité, la question de la répartition de l’eau. Elle  est en effet inédite par la conjugaison de sa précocité, de sa durée et de son ampleur spatiale.

Nous assistons à un changement de régime hydro-climatique, face auquel nos systèmes de régulation des usages et de répartition de l’eau ne sont plus adaptés, or les différents usages de l’eau sont aujourd’hui non seulement concurrents, mais aussi de plus en plus incompatibles entre eux.

Nos institutions de l’eau ont été créées dans les années 1960, alors que la France ne manquait pas vraiment d’eau; il en est bien différent désormais. A cela s’ajoute le manque de moyens dont dispose la police de l’eau pour effectuer des contrôles.

Alors que les tensions sur l’eau se multiplient, il s’agit d’un affaiblissement de la politique de planification locale et concertée engagée avec la loi de 1992, et d’un retour plus assumé à une gestion de l’eau par filières d’usages, telle qu’elle avait été remise en question dans les années 1980 et 1990.

Il est nécessaire de décloisonner les débats entre les politiques de l’eau et les politiques agricoles, alimentaires, énergétiques et d’aménagement de l’espace, de les ouvrir à de nouveaux savoirs pour articuler de façon plus précise les usages de l’eau, les valeurs économiques, sociales ou écologiques qu’on leur accorde.

L’illusion de l’abondance exige d’ être plus attentifs aux limites environnementales.