Les feux d’artifice remis en question

Alors que la chaleur estivale est aggravée par le réchauffement climatique, notre planète a plus que jamais besoin de revoir nos habitudes. Cet été est l’occasion de réfléchir  et d’adopter des gestes plus écologiques. Bien que les feux d’artifice soient une tradition festive profondément ancrée dans la culture française, il est essentiel de prendre en compte leur impact environnemental.

Voilà le 14 juillet qui, jusque là connaissaient les traditionnels feux d’artifice, certes  féériques, ces feux ne sont pas tout à fait sans danger ni sur la santé et sur l’environnement.

Derrière les couleurs éclatantes, c’est à l’instar des pétards , un cocktail de produits chimiques qui est à l’origine des feux d’artifice. À chaque couleur correspond une substance : ainsi le blanc est fabriqué à partir d’aluminium, le vert de baryum, le violet de rubidium, le baryum qui peut causer des problèmes gastro-intestinaux, le cadmium qui peut affecter les poumons…… Des substances souvent toxiques ou cancérigènes lorsqu’on s’y expose à fortes doses.

Un feu d’artifice est composé d’une poudre noire composée de charbon, soufre et salpêtre (nitrate de potassium KNO3, à 75%), qui s’accompagne d’un composé qui libère de l’oxygène (généralement du perchlorate de potassium) et d’un composé combustible, qui crée également la couleur. En explosant, la bombe libère des millions de particules de poussières très fines (PM10 et PM2.5), des métaux lourds (strontium, baryum, cuivre, antimoine…) et du dioxyde de soufre  qui peuvent se rabattre sur les spectateurs en raison du vent ou se maintenir dans l’atmosphère quelques jours avant de se déposer dans l’environnement (forêts, champs, mer…). Ces particules issues de l’explosion d’un feu d’artifice seraient cinq fois plus polluantes que celles du smog, estime une étude menée par la ville de Montréal en 2010.

En plus de la pollution de l’air, les retombées des feux d’artifice contaminent aussi les sols et les plans d’eau. Les résidus de plastique, d’aluminium et d’autres matériaux peuvent s’accumuler, créant des risques pour la faune et la flore locales.

Une étude américaine de 2015 publiée dans la revue scientifique Science direct révélait une hausse de 42% du niveau de particules fines dans l’air au cours de l’heure qui suit le feu d’artifice, le taux ne revenant à la normale que le lendemain, 16 heures après le spectacle.

Cette année face aux nombreux feux de forets, d’une canicule qui s’installe de nombreuses préfectures l’Ain, l’Isère, la Savoie, la Loire et la Drôme, l’Hérault, l’Aude , les Pyrénées orientales ont interdit le tir de feux d’artifice ,  des villes ont pris les mêmes dispositions et c’est vraiment judicieux pour la protection des habitants et la gestion des risques.

loi n° 2021-646 du 25 mai 2021 et décret n° 2010-580 du 31 mai 2010,