D’ici 2030, les biocarburants représenteront la sixième puissance agricole en nombre d’hectares.Les cultures destinées aux biocarburants continuent de s’étendre dans le monde, alors que leur production mondiale émet 16 % de CO2 en plus par rapport aux carburants fossiles qu’ils sont censés remplacer (1 et 2). D’ici 2030, les cultures agricoles consacrées aux biocarburants occuperont une surface équivalente à la France.
En moyenne, 3000 litres d’eau sont nécessaires pour conduire 100 km avec une voiture alimentée aux biocarburants. Souvent présentés comme une bonne solution environnementale pour les voitures, les poids-lourds et les bateaux, ils profitent d’avantages fiscaux et réglementaires alors qu’ils n’entraînent aucun bénéfice au niveau mondial.
En 2024, en France les biocarburants représentent 10 % de la consommation primaire d’énergies renouvelables.Les biocarburants consommés dans notre pays sont principalement issus de cultures pouvant être en concurrence avec l’alimentation (dits biocarburants « conventionnels ») : 78 % pour le biodiesel, en majorité du colza, et 69 % des bioessences, provenant pour moitié du maïs. La consommation de bioessences s’est développée plus progressivement, représentant environ un quart de la consommation de biocarburants. En 2024, elle stagne, la hausse de consommation des bioessences (+ 8 %) compensant la baisse de la consommation des biodiesels (- 3 %). Les mécanismes d’incitation, notamment la taxe incitative relative à l’utilisation d’énergie renouvelable dans le transport, ainsi que le niveau élevé des cours du pétrole jusqu’à l’été 2015, puis de nouveau à partir de l’automne 2021, ont accompagné le développement des biocarburants.
La France est importatrice nette d’esters méthyliques d’acides gras (EMAG) d’origine végétale, animale ou issus d’huiles usagées, qui représentent 88 % de la consommation française de biodiesel et 65 % de celle de biocarburants.