Les approches climat et biodiversité ne doivent plus être disjointes

A partir du constat désolant de la Cop 30 qui n’a débouché que sur des éléments minimalistes, oubliant non seulement de déterminer la fin des énergies fossiles, on pouvait espérer que le thème de la déforestation si tangible en Amazonie fut mis au premier plan : il n’en a rien été !

Or le changement climatique et la perte de biodiversité ne sont pas deux crises séparées, mais les deux faces d’un même déséquilibre planétaire, les solutions fondées sur la nature démontrent que la meilleure technologie de capture du carbone reste un écosystème en bonne santé. C’est donc la restauration des sols, la reforestation raisonnée, la protection des zones humides ou encore l’agroécologie qui doivent être promues : ces pratiques stockent du carbone, préservent la biodiversité et réduisent la vulnérabilité des sociétés face aux aléas climatiques.

Et pour cela on peut s’appuyer sur le dernier rapport de l’IPBES, dit « Nexus », qui élargit encore la perspective. Il montre que les liens entre climat et biodiversité s’étendent à d’autres dimensions : alimentation, eau, santé humaine. Ces systèmes sont intimement liés : détruire des écosystèmes pour intensifier la production alimentaire nuit à la qualité de l’eau ; la pollution des milieux aquatiques affecte la santé ; les zoonoses émergent des déséquilibres entre humains et faune sauvage, ainsi il faudrait envisager une approche intégrée – croisant climat, nature, agriculture et santé – permettant  d’identifier des co-bénéfices et d’éviter les effets rebonds.

L’IPBES souligne l’importance de la création de mécanismes permanents de dialogue entre décideurs publics, chercheurs et acteurs économiques. Une gouvernance décloisonnée ne signifie pas la dilution des responsabilités, mais au contraire leur mise en cohérence.

Rapport de l’IPBES, dit « Nexus » :

https://www.agenda-2030.fr/IMG/pdf/20241216_media_release_nexus_french_embargoed_final_1_.pdf