Les alertes sanitaires sont -elles à la hauteur de la santé environnementale?

Des intérêts sectoriels et économiques puissants, soutenus par certains groupes politiques à l’Assemblée nationale comme au Sénat sont défendus,  au nom de la souveraineté nationale, soit agricole ou industrielle, mais oubliant trop souvent  la santé publique.

Une interview de chercheurs dans une tribune du Monde nous donne leur vision de la situation.

Le biologiste Marc Billaud, et chercheur (CNRS) au Centre de recherche en cancérologie de Lyon et fondateur du département de sciences humaines du Centre Léon-Bérard, nous donne sa vision de scientifique : « le rôle des expositions environnementales a longtemps occupé une place secondaire dans la pensée médicale, et la santé environnementale demeure relativement marginale dans la formation des médecins ». et renchérit: « Admettre que l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons ou les aliments que nous consommons peuvent affecter notre santé revient à reconnaître une forme de vulnérabilité face à des expositions largement subies, invisibles, et souvent difficiles à éviter individuellement. Il est sans doute plus rassurant de les minimiser que d’en accepter les implications, d’autant qu’entre 100 000 et 150 000 de ces molécules ont jusqu’à présent été mises sur le marché (d’aucuns avancent même le chiffre de 350 000) et nous ne disposons de données toxicologiques solides que pour une minorité d’entre elles ».

Quant à Jean-David Zeitoun,médecin spécialiste en hépato-gastro-entérologie et épidémiologiste :   » Je dirais que la société est partagée. S’il existe une dynamique, ce n’est pas celle du déni, au contraire. Il y a une prise de conscience que nous produisons trop de risques qui gâchent nos efforts. Le vocabulaire de l’opinion s’est élargi. « Il faut déconstruire trois erreurs que commettent les décideurs. La première est qu’ils pensent qu’il est compliqué de moins polluer ou de mieux nourrir. La deuxième, ils pensent que cela est plus cher, alors que c’est souvent l’inverse. La santé publique cumule deux avantages qui n’existent normalement jamais dans la grammaire de l’investissement : il n’existe aucun risque à la favoriser et elle rapporte toujours beaucoup d’argent et enfin la dernière : « est que ce serait impopulaire, ce qui est également faux. Les enquêtes d’opinion montrent à la fois que la santé est une préoccupation prioritaire et que l’environnement, que l’on mélange parfois avec le climat, est perçu comme un sujet important ».

Effectivement nous pouvons constater que des alertes toujours plus nombreuses se succèdent ( pesticides, polluants de l’air,  de l’eau plastiques, cadmium, PFAS, etc…) en trouvant un écho grandissant au sein de la population, à mesure que se confirme l’augmentation de l’incidence de maladies liées à des contaminants environnementaux, cancers précoces, troubles de la fertilité, de l’immunité, du métabolisme ou du neuro-comportement, maladies neurologiques, etc. Ces catastrophes lentes à identifier,  entraînent des réponses mineures, voire parfois même une absence de réponse, alors que les chocs, eux, sont mieux traités.