L’Anses produit une étude sur l’air intérieur des logements: Pestiloge

L’étude PESTILOGE élaborée par l’Observatoire de la qualité des environnements intérieurs (OQEI), porté par le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) et l’Anses, nous présente ces  résultats.

L’étude PESTILOGE a été menée entre novembre 2020 et février 2023, sur toutes les saisons.Elle fait suite à une 1ère campagne désignée CNL 1 et s’intitule CNL2

Ont été analysés dans cette nouvelle série de mesures de l’air, 571 logements répartis dans 321 communes et 84 départements (sur la France hexagonale ). Cette campagne a porté sur plus de 170 polluants, sélectionnés en fonction de leur fréquence de présence dans les logements et de leur dangerosité pour la santé. L’étude s’est notamment concentrée sur des polluants répartis en plusieurs grandes familles :

Composés organiques volatils (COV) : formaldéhyde, toluène, benzène…,

  • Composés organiques semi-volatils (COSV) : phtalates, muscs synthétiques, retardateurs de flamme…,
  • Particules fines (PM2,5),
  • Dioxyde d’azote (NO₂),
  • Radon (en collaboration avec l’IRSN),
  • Dioxyde de carbone (CO₂),
  • Température et humidité relative.

La comparaison avec les résultats de la 1ère campagne nationale de 2003-2005 (CNL1) témoigne d’une nette baisse de concentrations de la plupart des polluants, notamment celles des COV chlorés (comme le trichloroéthylène, le tétrachloroéthylène, et le 1,4-dichlorobenzène), ainsi que du benzène, des particules fines et du formaldéhyde.

Par ailleurs 81 pesticides ont été recherchés dans l’air et 92 dans les poussières.

Des dépassements de valeurs sanitaires toujours observés

Si les concentrations ont globalement diminué par rapport à la CNL1, plusieurs polluants dépassent encore les seuils de référence fixés pour protéger la santé :

  • 70 % des logements dépassent l’objectif cible de 10 µg/m³ fixé pour les particules fines (PM2,5) par le Haut conseil de la santé publique (HCSP) à échéance de 2025,
  • 11 % des logements montrent un dépassement de la valeur d’action rapide de 50 µg/m³ en PM2,5 fixée par le HCSP,
  • Le radon dépasse le niveau réglementaire de 300 Bq/m³ dans 8 % des logements,
  • Le formaldéhyde dépasse la valeur de gestion provisoire de 30 µg/m3 fixée par le HCSP dans 6 % des cas,
  • Un dépassement de la valeur guide journalière de 25 µg/m3 de NO2 recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est observée pour 3 % des logements,
  • La valeur repère de gestion de 6 µg/m3 de benzène recommandée par le HCSP est dépassée dans près de 1,4 % des logements.
  • Une vigilance reste de mise pour certains polluants associés à des effets sanitaires sans seuil comme le benzo(a)pyrène et le tétrachloroéthylène.

Plus de la moitié des pesticides cibles n’ont pas ou très peu été détectés dans l’air des logements enquêtés :

  • 10 n’ont jamais été détectés :
    • 5 herbicides (destinés à détruire les mauvaises herbes) : l’acétochlore, la carbétamide, la flumétraline, l’oryzalin et le tébuthiuron ;
    • 3 insecticides (destinés à tuer les insectes) : la béta-cyfluthrine, le diméthoate et le tau-fluvalinate ;
    • 2 fongicides (destinés à détruire les champignons parasites) : le prochloraze et le triticonazole.
  • 37 n’ont été que très rarement détectés (dans moins de 5 % des logements).

En revanche, certains composés ont très souvent été identifiés :

  • 4 pesticides ont été détectés dans l’air de plus 80 % des logements :
    • 2 insecticides (destinés à tuer les insectes) : le lindane et la transfluthrine
    • 2 insectifuges (destinés à repousser les insectes) : le DEET (N,N-diéthyl-m-toluamide) et l’icaridine).

Ces pesticides, tout comme un autre insecticide (la perméthrine), ont été quantifiés dans plus de la moitié des logements ;

  • Le folpel, un fongicide utilisé dans des produits à usage phytopharmaceutique et traitement biocide, a été détecté dans plus de 60 % des logements ;
  • Le chlorprophame, herbicide principalement utilisé pour ses propriétés antigerminatives, a été détecté dans 70 % des logements.

Pour le lindane et la perméthrine, des concentrations généralement plus élevées que dans l’air extérieur ont été observées dans les logements.

Références: Consulter le communiqué de presse

https://www.oqei.fr/fr/dataset/1/download-zip

https://www.oqei.fr/fr/campagnes-et-etudes/campagne-nationale-logements-2