La croissance de l’emploi du protoxyde d’azote (« le proto ») inquiète les soignants

Après le cannabis et les poppers, des vasodilatateurs utilisés comme drogues récréatives, le « proto » est, en France, le troisième psychotrope le plus consommé par les jeunes. En 2022, 13,7 % des 18-24 ans l’avaient déjà testé au moins une fois, et 3,2 % disaient en avoir pris dans l’année, selon les chiffres de Santé publique France. Sa dangerosité est largement sous estimé par les jeunes.

Néanmoins jusqu’à ce recours détourné le protoxyde d’azote connaissait un usage médical réduit en temps qu’antalgique et anesthésiant.

Dans les hôpitaux, ces dernières années, les équipes médicales ont vu arriver aux urgences de plus en plus de jeunes patients sévèrement touchés par le « proto » avec comme symptômes: perte d’équilibre, sensation de picotements, membres inférieurs paralysés ou très diminués, troubles cognitifs ou cérébraux…

«Les conséquences neurologiques, qui sont graves laissent potentiellement des séquelles dans 35 % des cas, qui interviennent en moyenne après onze ou douze mois de consommation, avec un effet très rapide, beaucoup plus qu’ avec l’alcool ou d’autres drogues, c’est ce qui nous inquiète énormément souligne Florian Hubben neurologue.De plus « Chaque mois, chez nos patients, il insiste : il  a tous les codes de l’addiction  le manque, la dépendance, le craving [pulsions de consommation]… »

La létalité du gaz, directe ou indirecte, reste sous-évaluée car la science peine encore à attribuer de manière formelle certaines morts dues à des overdoses de protoxyde.On partage des constats, des doutes et des questions sur des traitements possibles alors que , ces dernières années, malgré les alertes sur les dégâts du « proto », la consommation reste forte,  d’autant plus visible par l’abandon des cartouches tout particulièrement dans les parcs urbains. C’est ainsi qu’on note la multiplication des arrêtés municipaux, pour en interdire la consommation sur la voie publique, mais qui semble sans grand effet.

En France, contrairement aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, qui l’ont interdite, la vente de
protoxyde d’azote aux particuliers reste encore légale. Une loi, votée en 2021, l’interdit pourtant  aux mineurs, ce qui n’est visiblement pas suffisant aussi est-il prévu un projet de loi interdisant la vente aux particuliers et le restreindre aux activités médicales.