L’année 2026 a été marquée par des températures extrêmes dans de nombreuses régions du monde et l’Europe en a été témoin. Selon Copernicus, l’été 2026 est le plus chaud jamais enregistré en Europe occidentale, plus encore qu’en 2003, la référence jusqu’ici. Plus de la moitié du continent européen a connu des températures ressenties de 38°C ou plus. Une chaleur même « au-delà des seuls mois d’été », précise Copernicus, avec des températures exceptionnelles, dès le mois de mai et jusqu’au mois de septembre inclus.
Ces canicules en série, associées à un manque de pluie, a conduit à une sécheresse pire qu’en 2022. En juillet et août, de nombreux fleuves européens ont atteint leurs débits les plus faibles depuis le commencement des relevés début 90 : le Rhin, le Danube, la Loire, le Rhône, la Garonne ou encore la Seine, ce qui a conduit à de nombreux arrêts de réacteurs nucléaires qui ont besoin de leur eau pour leur refroidissement.
Premier constat : cet été la France a consommé davantage d’électricité sous l’effet des températures caniculaires et des besoins associés à la climatisation ; plus que l’année dernière (+ 4-5 %) et plus qu’en 2024 (+1-3%). Dans cet espace temps ces vagues de chaleur et la sécheresse ont eu un effet important sur le fonctionnement des centrales nucléaires, même si le parc nucléaire a abordé l’été avec une grande disponibilité pour la saison, ce qui a compensé la baisse de la production induite par les canicules, tandis que la production hydraulique était en revanche fortement affectée. Avec 10,8 TWh produits, 2026 est la deuxième année avec la plus faible production hydraulique depuis cinquante ans, ce qui a entrainé une augmentation du recours aux centrales thermiques fossiles au cours de l’été 2026, et ce, avec une production solaire a continué d’augmenter : 14,8 TWh ont été produits de juin à août 2026, contre 12,5 TWh sur la même période en 2025 puisque l’ensoleillement reste le facteur déterminant.
Deuxième constat: Les épisodes de fortes chaleurs qui ont marqué le début cet été 2026 ont laissé des traces dans de nombreuses exploitations agricoles françaises. Cultures, élevages, fourrages , maraichages, ou encore récoltes : plusieurs filières font état de conséquences parfois trés importantes, dont l’ampleur continue d’être évaluée. Les températures élevées, associées à un déficit hydrique dans plusieurs régions, ont affecté le développement de nombreuses cultures.( mais, tournesol, soja etc..)mais aussi les vergers ainsi que certaines cultures fourragères. Ces fortes chaleurs ont également eu des répercussions sur les élevages. Les températures exceptionnelles ont provoqué une hausse de la mortalité dans certaines filières, notamment avicoles, tandis que le stress thermique a affecté le bien-être des animaux et la production, notamment laitière.
Cet épisode rappelle l’importance et l’urgence des réflexions autour de la transition agricole et écologique et la nécessité de révision de la gouvernance de l’eau et de ses usages. Le changement climatique est suffisamment saillant pour mieux anticiper le futur.