De nombreux glaciers interrogent sur leur viabilité dans l’avenir

Le gouvernement népalais  appelle à notre réflexion mondiale : les crues dévastatrices au Népal et au Tibet : « ce désastre » est « un avertissement » sur les effets du changement climatique. Au 1er septembre  le bilan provisoire de la gigantesque coulée de boue dans l’Himalaya dépasse les 1 000 morts et prés de 4 500 personnes  toujours portées disparues et le bilan risque encore d’augmenter. « Il faut savoir que la vague qui s’est abattue mesurait 20 mètres de hauteur », précise Philippe Besson le président des PUI (ONG « Pompiers de l’Urgence Internationale »). Plusieurs milliers de sauveteurs sont déployés sur place, Chinois, Tibétains, Népalais. « Ils ont l’expérience des catastrophes naturelles et sont très bien équipés », explique le colonel Philippe Besson.

Le ministre des Affaires étrangères népalais a également appelé « la communauté internationale à prendre urgemment à bras-le-corps la question du changement climatique dans l’Himalaya ».

Il en est de même pour 1.000 glaciers suisses, soit 40% du total, qui ont déjà disparu au cours des cinquante dernières années. Selon les projections, plus de 97% de ceux situés dans les Alpes pourraient ne plus exister d’ici à 2100. Sur le glacier du Rhône, il ne resterait à cet horizon qu’environ 5% de la langue glaciaire. Dans les Alpes, les glaciers connaissent l’une des plus importantes pertes de glace. La fonte accélérée fragilise les montagnes, augmente le risque d’éboulements et d’avalanches et menace les ressources en eau.

«Chaque jour de fortes chaleurs épuise les réserves de glace, ces stocks qui se sont constitués depuis plusieurs décennies, voire des siècles», explique Matthias Huss, glaciologue à l’ETH (l’école polytechnique de Zurich).

Avec un été marqué par des vagues de chaleur exceptionnelles, les Alpes  connaîtraient une fonte record, encore plus marquée qu’en 2022. Les risques de baisse du niveau des rivières et d’avalanches de glace sont pointés.

Le glacier du Rhône est la source du fleuve du même nom. Son eau est essentielle , elle alimente de nombreuses centrales hydroélectriques, contribue au refroidissement de réacteurs nucléaires et sert à l’irrigation de régions agricoles et viticoles. C’est dire combien son débit est important pour tout un chacun !  En 2026, il a perdu environ 30 millions de tonnes de glace, l’équivalent de 12.000 piscines olympiques. Une rivière sous-glaciaire s’est formée, contribuant à le fragiliser.

Certaines  communes dans les Alpes sont-elles aussi exposées que dans l’Himalaya ? « On a des phénomènes qui sont d’ampleur bien moindre. On a des volumes d’eau stockés qui sont bien inférieurs, 100 ou 1 000 fois plus faibles. Par contre, on a des vallées qui sont beaucoup plus urbanisées, donc potentiellement un risque équivalent », fait savoir Olivier Gagliardini, glaciologue et professeur à l’université Grenoble-Alpes.Ils sont équipés de capteurs, caméras, stations météo… Le glacier de Tignes est de plus en plus scruté. Cinq autres sont très surveillés dans les Alpes : le Grand Marchet, les Bossons, Tête-Rousse, le Taconnaz, près du Mont-Blanc, ou encore celui de Bonne Pierre.

Les glaciers locaux sont donc sous haute surveillance  mais par ailleurs il a été constaté lors d’ orages violents en montagne de nombreuses coulées de boue impactant les transports locaux. Le tourisme en montagne mérite désormais une vigilance accrue,  compte tenue de l’ intensité des événements météorologiques extrêmes.