Un projet de loi a été présenté en Conseil des Ministres sans toutefois prendre en compte la nécessité de préserver les besoins en eau, certaines ONG s’inquiètent à juste raison de cette orientation dans un concept de changement climatique qui s’aggrave.
En effet ce texte, annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu pour répondre aux mobilisations agricoles, ne règle ni la question du revenu des agriculteurs ni celle de la stratégie sanitaire (DNC), et constitue un recul majeur de la protection de l’eau en facilitant les projets de stockage d’eau (mégabassines) en renforçant les droits d’irrigation pour les grandes cultures. Il donne davantage de pouvoirs aux préfets pour déroger aux règles en vigueur et fragilise la protection des autres usages de l’eau, notamment pour la biodiversité et l’eau potable.
Rappelons que l’agriculture représente déjà 58 % des prélèvements d’eau en France, et que les surfaces irriguées le sont pour des grandes cultures alors qu’elles contribuent très faiblement à nourrir la population, et qu’un tiers de la France hexagonale est en Zone de Répartition des Eaux (ZRE), où la ressource est structurellement inférieure aux besoins.N’oublions pas non plus que 14 300 captages d’eau potable ont été fermés entre 1980 et 2024, dont plus d’un tiers à cause des pollutions aux pesticides et engrais azotés. Et ce ci à l’heure où d’autres polluants comme les PFAS demandent des régulations renforcées.
Ce projet de loi va « à contre-courant » des recommandations officielles comme celle de La Cour des comptes (2023), du Haut-Commissariat à la stratégie et au plan (2024) et celle du Conseil d’analyse économique (janvier 2026) qui avaient toutes plaidé pour une réduction des prélèvements d’eau et une plus grande sobriété. C’est donc plusieurs rapports officiels qui en témoignent clairement : pour préserver la ressource en eau, il est indispensable de réduire la pression exercée sur elle, en particulier en diminuant les prélèvements.
La stratégie proposée ne semble donc pas à correspondre à ce que nous sommes en droit d’attendre.