Une étude scientifique dirigée par des chercheurs de l’Inserm Grenoble révèle que la réduction de l’usage des cosmétiques permet de diminuer rapidement son exposition à certains polluants chimiques ou perturbateurs endocriniens.
Utiliser moins de produits cosmétiques et de soin peut réduire rapidement l’exposition à plusieurs substances chimiques incluant des perturbateurs endocriniens avérés ou suspectés,selon cette étude publiée le 7 avril dans Environment International par des chercheurs de l’Inserm, de l’Université Grenoble Alpes (UGA) et du CNRS, au sein de l’Institut pour l’avancée des biosciences et soutenue par la Commission européenne.
« En diminuant le nombre de produits cosmétiques que l’on utilise pendant cinq jours, on observe une réduction assez importante de plusieurs molécules qui sont suspectées, voire avérées, d’être nocives pour la santé humaine », explique Nicolas Jovanovic, docteur en épidémiologie environnementale à l’Inserm/UGA. »Le taux de bisphénol A est réduit de près de 40 % en à peine cinq jours. C’est exceptionnel et inattendu car cette molécule est interdite dans les produits cosmétiques, donc, soit elle contamine le produit au moment du processus de fabrication, soit pendant l’emballage », s’étonne le chercheur.
Pour Sarah Lyon-Caen, ingénieure de recherche à l’Inserm, il est de toute manière trop facile pour les industriels de faire reposer la responsabilité sur les seuls individus. « Nous poussons pour une réglementation forte pour protéger la santé des consommateurs. Or la Commission européenne débat d’un projet qui va à l’encontre de ce souhait de réglementer. Certains veulent même voir allonger la durée d’utilisation en Europe de certains produits chimiques dont on avait décidé la fin« , se désole-t-elle et nous sommes nous mêmes inquiets de ces dérégulations induites par des lois européennes OMNIBUS
Les résultats de cette enquête démontre qu’il est donc possible de réduire très rapidement son exposition à des molécules dangereuses en diminuant son usage des cosmétiques ou en les substituants par des produits à la liste d’ingrédients très réduite.
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0160412026002011?via%3Dihub