Le 26 avril 1986, à 1 h 23 min et 45 secondes, le réacteur 4 de la centrale située en Ukraine, à 130 kilomètres de Kiev, explosait, libérant d’astronomiques quantités d’éléments radioactifs dans toute l’Europe. La catastrophe prend de court les autorités soviétiques par son ampleur. À ce moment là, il n’est pas certain que les dirigeants aient pleinement conscience de toutes les conséquences de l’accident. Après l’explosion, c’est environ 530 000 personnes civiles et militaires, appelées « liquidateurs », qui ont participé à l’intervention d’urgence, au confinement et au nettoyage du site de Tchernobyl et des zones contaminées, mettant leur santé en jeu en toute ignorance.
Sur les plateaux télévisés se succédaient alors dans notre pays des responsables politiques afin de convaincre les Français que l’explosion située à plus de 2 400 kilomètres, ne présentait « aucun inconvénient sur le plan de l’hygiène publique » grâce à un opportun anticyclone des Açores. Il n’en n’était pas de même à travers l’Europe où contrairement à la France, des précautions étaient préconisées pour protéger les citoyens. Malgré la difficulté d’informer correctement face au déni russe et à l’enfumage politico-industriel français, journalistes, associations, citoyens, ont rapidement douté de cette thèse, qui à ce jour démontre la triste réalité.
En effet des mesures, observations, relevés météo indépendants ont établi des cartes de radiation au césium 137 et à l’iode 131 jusqu’à 40 000 fois plus élevées que celles présentées par les physiciens nucléaires, accrédités par le pouvoir, et particulièrement, les paroles rassurantes et mensongères du professeur Pierre Pellerin, alors directeur du Service central de protection contre les rayonnements ionisants, au mépris de la santé des Français et des générations futures.
Ce sont, face à ces manques d’informations concrets que s’est crée la Criirad*, qui poursuit depuis des mesures scientifiques indépendantes, permettant une analyse critique et étayée afin de connaitre l’exposition aux éléments radioactifs, fort utiles dans cette période instable au niveau international.
Cet évènement représente la catastrophe nucléaire la plus grave de l’histoire nucléaire soviétique et mondiale. Le risque nucléaire est durable et difficile à maîtriser. « Les centrales nucléaires comportent des risques qui leur sont inhérents, et ces risques s’aggravent dans un monde en guerre, marqué par de fortes tensions géopolitiques et l’intensification des phénomènes climatiques extrêmes”. souligne Pauline Boyer, chargée de campagne Nucléaire Transition énergétique pour Greenpeace France.
Des documentaires qui peuvent vous apporter des informations complémentaires :
Chernobyl, série écrite par Craig Mazin et réalisée par Johan Renk (RU-EU, 2019, 5 × 60 à 72 min). Disponible sur HBO Max.
Tchernobyl. Un mensonge français, de Mélanie Dalsace (Fr., 2016, 50 min). Disponible sur M6.fr, sur YouTube et diffusé sur Paris Première samedi 25 avril à 21 h 55.
Tchernobyl, anatomie d’une catastrophe, d’Erica Jenkin et Tom Cook (RU-EU, 2026, 3 × 52 min). Disponible sur Arte.tv jusqu’au 5 juin et sur Arte lundi 27 avril à partir de 9 h 55.
*CRIIRAD » est l’acronyme de « Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité ». https://www.criirad.org/la-criirad/ Ses missions: La CRIIRAD a pour but de contrôler le niveau de radioactivité dans l’environnement, d’informer la population sur les risques liés à cette radioactivité (impacts sur la santé et l’environnement) et d’obtenir la mise en place de mesures de protection pour protéger la population contre des radiations ionisantes d’origine « artificielle ».