Une étude suédoise rapporte les effets sanitaires d’une eau contaminée aux PFAS

Cette étude menée sur une cohorte de plus de 45 000 personnes, toutes habitant ou ayant habité Ronneby (Suède) entre 1985 et 2013. En effet à  Ronneby sont installées 2 usines distinctes qui approvisionnent la population de cette petite ville côtière du sud du pays : l’une puisait dans un captage d’eau pollué par les mousses anti-incendie utilisées sur une base militaire proche du bourg, l’autre s’approvisionnait à une source bien moins contaminée, d’où la possibilité de faire une comparaison.

Les auteurs en déduisent une probabilité accrue de 10 % d’infarctus du myocarde, de 10 % d’accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique (obstruction d’un vaisseau sanguin par un caillot) et de 28 % d’AVC hémorragique (rupture d’un vaisseau sanguin), chez les personnes ayant été approvisionnées par l’eau la plus contaminée. En cohérence avec ces résultats, la mortalité par maladie cardio-vasculaire s’est accrue de 15 % chez ces derniers.

« La comparaison présentée dans cette étude porte sur des individus recevant une eau fortement contaminée à domicile et d’autres recevant une eau légèrement contaminée, mais ayant néanmoins la possibilité de consommer par ailleurs de l’eau fortement contaminée », écrivent Yiyi Xu, Ying Li et leurs coauteurs. « Ces résultats pourraient sous-estimer les effets réels », estiment-ils.

En dépit des limites expérimentales de leur analyse, inhérente à toute étude observationnelle, les chercheurs soulignent que leur résultat « concorde avec une vaste étude menée [en 2024] en Vénétie, en Italie, qui a rapporté une mortalité cardio-vasculaire supérieure de 20 % à 30 % dans les communes fortement exposées aux PFAS par rapport aux communes non exposées ».

Travaux publiés  dans l’édition de décembre 2025 de la revue Environmental Research  https://doi.org/10.1016/j.envres.2025.122765

School of Public Health and Community Medicine, Institute of Medicine, Sahlgrenska Academy, University of Gothenburg, Gothenburg, Sweden
Occupational and Environmental Medicine, Sahlgrenska University Hospital, Gothenburg, Sweden

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0013935125020171?via%3Dihub