Le changement climatique affecte directement notre sécurité alimentaire, tout en étant également influencé par nos choix alimentaires. Des tempêtes historiquement violentes (mousson forte et El Nino conjugués) ont dévasté l’Asie du Sud-Est ces derniers jours, provoquant des inondations meurtrières. Au-delà du lourd bilan humain, ces catastrophes révèlent la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales, dépendantes de régions concentrées et particulièrement exposées aux effets du dérèglement climatique .
Depuis 60 ans, les récoltes sont de plus en plus importantes, mais le changement climatique a déjà réduit cette croissance de 21 % à cause des températures plus élevées, des phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents et plus puissants, mais aussi des modification des populations de nuisibles et de la dégradation des sols. Au cours du siècle actuel, les récoltes pourraient même diminuer de 3,3 % par décennie pour certaines cultures, dont le maïs, le soja, le riz et le blé, en fonction des régions et des variétés.
L’augmentation des niveaux de CO2 plus importants réduisent aussi les niveaux de nutriments et de vitamines des cultures. Elles deviennent moins nutritives, ce qui peut affecter la pollinisation et la reproduction.
Si la température moyenne mondiale augmente de plus de 2°C, nous ne pourrons pas préserver nos niveaux de récolte en nous adaptant, et ce, quels que soient les montants investis dans les mesures d’adaptation. Cela dit, l’adaptation est effectivement nécessaire.
À l’heure actuelle, les systèmes alimentaires durables sont au cœur des préoccupations liées au changement climatique. En effet, la manière dont nous produisons et consommons nos aliments a des implications directes sur la sécurité alimentaire et l’état de notre environnement. Alors que le climat continue d’évoluer, il devient impératif de repenser nos choix alimentaires et d’adopter des pratiques qui minimisent notre empreinte carbone, en particulier avec des techniques agricoles et d’élevages moins productrices de gaz à effets de serre.
C’est dans ce cadre que l’État propose de redéfinir notre souveraineté alimentaire à travers des Conférences de la souveraineté alimentaire – prévues par la loi d’orientation agricole adoptée en mars 2025 – lors d’un événement organisé au marché international de Rungis (Val-de-Marne) réunissant l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire (agriculteurs, transformateurs, distributeurs, organisations professionnelles et interprofessionnelles, partenaires institutionnels).
Les citoyens sont invités à une démarche recueillant leurs avis et leurs propositions dans le cadre d’une consultation citoyenne ouverte sur la plateforme Agora jusqu’au 31 décembre 2025.