Dix ans après l’Accord de Paris, la conférence de Belém doit mesurer l’écart entre promesses et réalité, dans un contexte géopolitique tendu et face à une planète qui franchit le seuil symbolique de +1,5 °C. Quinze jours de négociations internationales sur le climat ont débuté à Belém le 10 novembre, aux portes de l’Amazonie brésilienne. Cette année, les États signataires de l’Accord de Paris étaient tenus, comme tous les cinq ans, de renforcer leurs engagements nationaux de réduction des émissions — appelés contributions déterminées au niveau national (NDC) dans le jargon diplomatique. Objectif : maintenir le réchauffement planétaire en dessous de 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels.
Or les émissions de CO2 dues spécifiquement aux énergies fossiles devraient établir un nouveau record en 2025, révèle le 20ème bilan du consortium de scientifiques Global Carbon Project, (le rapport) Dix ans après l’Accord de Paris, l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5 °C est désormais inatteignable. « Nous avons échoué », a même déploré le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.
Et de plus c’est 1 600 lobbyistes des énergies fossiles qui ont été autorisés à participer à la COP30 : ce chiffre témoigne une nouvelle fois du poids écrasant de l’industrie des hydrocarbures dans les négociations climatiques internationales. Ces émissaires « sont nettement plus nombreux que presque toutes les délégations nationales », excepté celle du Brésil: pays hôte , déplore la coalition d’ONG Kick Big Polluters Out à l’origine du décompte. Parmi les multinationales représentées à la COP30 figurent des géants pétroliers et gaziers comme ExxonMobil, BP et TotalEnergies. Du côté du pays hôte, c’est la présence de Petrobras qui interpelle. D’autres lobbies que ceux des fossiles ont envahi les couloirs de la COP30, notamment, celui de l’agro-industrie.
La COP30 risque on le perçoit bien, une fois encore faire l’impasse sur une question cruciale de la lutte contre la crise climatique : l’abandon des énergies fossiles: du greenwashing assuré, d’autant que certaines souvent accusées de déforestation illégale, ont sponsorisé la couverture de la COP.
Cependant et c’est une première , la question de l’intégrité de l’information figure à l’ordre du jour officiel d’une COP. Guilherme Canela, directeur à l’UNESCO pour l’inclusion et la transformation numériques, y voit une étape majeure. Le Fonds mondial pour l’intégrité de l’information sur le changement climatique, créé dans le cadre de l’initiative, a déjà reçu 447 propositions provenant d’une centaine de pays. Doté d’un financement initial d’un million de dollars versé par le Brésil, il soutient une première série de projets – dont près des deux tiers dans les pays en développement.
Pour la 1ère fois aussi, des milliers de militants et d’indigènes se sont rassemblés pour une grande marche à Belem même, afin de demander aux négociateurs de la Cop , réunis dans cette ville d’Amazonie brésilienne jusqu’au 21 novembre, d’écouter leurs revendications pour la défense du climat.Leurs revendications: « Nous sommes venus ici pour défendre le climat. Aujourd’hui, nous vivons un massacre avec notre forêt qui est en train d’être détruite ». »Nous espérons que les dirigeants mondiaux réunis à la COP30 prendront en considération notre existence et respecteront nos droits, en tant que véritables gardiens de la forêt, car il n’y a pas de solution à la crise climatique sans les peuples de la forêt. »
Une fois encore l’espoir de cette Cop est pourtant réduit, et comme le déclare Cyril Dion dans un entretien avec l’AFP, la diplomatie climatique qui réunit les dirigeants mondiaux, lors des COP, évite « le fond du problème » qui est nos modes de vie.