Le 5 mai la France a déjà été atteint le jour du dépassement

Si le monde entier vivait comme les Français, l’humanité commencerait à creuser son déficit écologique dès le 5 mai. Soit trois mois avant la date du Jour du dépassement planétaire qui est tombée début août en 2017. Il faudrait 2,9 Terre si toute l’humanité vivait comme les Français.

Tous les ans, l’ONG Global Footprint Network calcule « le jour du dépassement ». C’est la date à laquelle l’empreinte écologique de l’humanité dépasse la biocapacité de la planète, à savoir la capacité régénératrice de la Terre pour satisfaire notre consommation annuelle de ressources. Cette date symbolise ainsi un budget disponible épuisé pour l’année. Pascal Canfin, président du WWF a déclaré à cette occasion : le constat est clair : si la planète était une entreprise, elle serait en faillite. Si les grands pays gaspilleurs que sont les Etats-Unis, le Canada ou l’Australie commémorent leur ‘jour du dépassement’ dès le mois de mars, la France n’est pas pour autant une bonne élève.

Depuis le 5 mai, la France est en déficit écologique

En 4 mois, nous avons pêché plus de poissons, abattu plus d’arbres et consommé plus d’eau que ce que la nature de notre territoire peut nous procurer au cours d’une année.

De quelle façon martyrisons-nous notre environnement ? «Deux tiers de l’empreinte écologique d’un Français provient de son alimentation, des dépenses d’énergie de son logement et de ses déplacements», répond Pascal Canfin, directeur général de la branche française de l’organisation. Et c’est bien là le problème. Les facteurs qui dressent les contours de notre empreinte écologique sont d’ordre économique et climatique. Malgré les Grenelle, les lois sur la transition énergétique ou sur la protection de la biodiversité, aucune réforme structurelle ne nous a permis de stopper la consommation d’espaces naturels (avec les effets sur la biodiversité que cela implique), réduire régulièrement nos émissions de polluants atmosphériques et de gaz à effet de serre, diminuer les besoins en mobilité, assainir les pratiques agricoles, baisser notre consommation d’énergie, etc.

Pour renverser vraiment la vapeur, le WWF propose de soutenir les «modes de consommation responsables». Et par exemple, de favoriser la baisse de la demande de viande, dont la production est émettrice de GES et consommatrice d’espaces.

Si l’on s’intéresse strictement au territoire français et que l’on compare l’empreinte écologique de la France à sa propre biocapacité – c’est-à-dire les zones terrestres et marines du pays lui permettant d’absorber sa consommation à domicile – la France et les Français demanderaient à l’heure actuelle 1,8 fois plus à la nature que ce que les écosystèmes du territoire français sont en mesure de lui fournir. Depuis le 5 mai 2018, nous vivons à crédit.

Pour consulter le rapport :

www.wwf.fr/sites/default/files/doc-2018-05/180504_Rapport_Jour_du_depassement_France.pdf