« Personne ne sauvera la planète à notre place », insiste Mélusine Boon-Falleur

Mélusine Boon-Falleur, docteure en sciences cognitives de l’Ecole normale supérieure, enseignante-chercheuse au centre de recherche sur les inégalités sociales de Sciences Po, est allée creuser les leviers psychologiques qui empêchent le passage à l’action.

Son livre « Les pingouins ne sauveront pas la banquise » ce sont les humains tel est son message fort à travers son ouvrage.

Elle poursuit : « Aujourd’hui, nous savons, nous ne sommes plus à l’époque de la recherche. Nous sommes à la fois tout à fait sûrs du réchauffement climatique, de son ampleur, de ses origines humaines et c’est un sujet bien connu de la population. En outre, nous disposons des solutions techniques et des ressources financières pour le résoudre. Et pourtant, nous ne passons pas à l’action »….

« Un même individu, en fonction de ce contexte, va pouvoir soit décider de s’engager très fort pour l’écologie, soit au contraire, ne pas du tout vouloir changer son mode de vie ». …

 » Notre cerveau va produire tout un tas de raisons qui vont nous pousser à croire que si on nous enlève ça, ça va être très coûteux psychologiquement. Ça le serait en effet si on était le seul à le faire mais si collectivement on se mettait d’accord, ce ne serait pas si éprouvant…… »Effectivement pour que ça fonctionne, il faut que tout le monde participe, c’est une des conditions d’acceptabilité. Une première étape peut consister à montrer que personne, pas même les plus riches, n’est à l’abri du changement climatique et qu’a priori les perturbations, pas seulement climatiques, météorologiques, naturelles, mais aussi sociales et économiques vont être tellement importantes, que personne ne sera protégé. Être très riche ne va pas suffire pour se protéger ».

Mélusine Boon-Falleur
Les pingouins ne sauveront pas la banquise    Éditions JC lattes    205 pages    2026

Lever nos obstacles cognitifs pour enfin passer à l’action écologique

   Mélusine Boon-Falleur lève un à un nos obstacles psychologiques à l’action environnementale et identifie des outils simples, concrets, pour sortir de l’impasse. On le sait, la vie sur Terre est en danger.
Pourtant, si les politiques, les institutions et les individus ont connaissance du problème, notre réponse se caractérise surtout par notre inaction.Manier des ordres de grandeur intelligibles, mobiliser l’engagement émotionnel, simplifier les pratiques durables… Nous disposons d’un arsenal de leviers pour enfin passer à l’action à l’échelle collective.