Plusieurs éléments et tentatives se font connaitre pour permettre un accès aux cours d’eau en vue de se rafraichir, et les canicules que nous connaissons ne peuvent que nous intéresser faute d’un nombre suffisant de piscines. Lors des jeux Olympiques à Paris avec des investissements importants cette possibilité a été offerte avec des contraintes importantes et des difficultés notables,proposant « un plan ambitieux pour améliorer la qualité de l’eau » au bénéfice de tous.
Pour tenter d’y remédier, collectivités locales et Agences de l’eau tablent sur quatre axes : renforcer le traitement des eaux usées ; mieux gérer les eaux de pluie en créant des bassins d’orage , notamment en cas de fortes pluies, raccorder les bateaux au tout-à-l’égout, refaire les branchements défaillants d’ habitations non raccordées.
C’est un enjeu de « justice environnementale » pour nombre de ses partisans. Limoges, Metz, Besançon, cependant bon nombre de municipalités rechignent en effet à répondre à cette demande, tandis que c’est possible en Suisse, en Allemagne et aux Pays-Bas, où la baignade urbaine est une pratique développée et populaire.
Certaines interdisent carrément la baignade, d’autres optent pour l’inertie par exemple en refusant d’aménager les berges.
Pour un membre du collectif Baignade critique à Besançon, « l’idée n’est pas de dire “baignons-nous tous maintenant”, mais de créer peu à peu une culture de la baignade, se réapproprié le besoin de savoir nager. Savoir à quoi s’attendre quand on se met à l’eau dans une rivière, comment nager dans le courant, gérer ses limites ». mais il pointe d’autres freins. « Il faut créer des sites accessibles, avec des berges en pente douce, sécuriser le lieu même de la baignade ». Un avis partagé par la chercheuse Gabrielle Bouleau, qui a suivi de près le plan baignade parisien. « On a beaucoup entendu parler des enjeux sanitaires : la contamination de l’eau par des bactéries pathogènes, mais il y a aussi de nombreux enjeux sociaux. En particulier, anticiper l’engouement que va créer l’ouverture de la baignade, en termes de sécurité, de conflits d’usages et de gestion des déchets. »
Malgré les obstacles, les villes ont tout à gagner à faciliter les bains urbains, selon les promoteurs. « En se reconnectant à la rivière, on se sent davantage concerné par la préservation de ce milieu naturel » et par conséquent c’est un enjeu social intéressant.