Participation à une enquête scientifique : dénombrer les insectes lors d’un trajet en voiture

C’est une initiative lancée par le Muséum national d’Histoire naturelle de Paris. Ainsi vous téléchargez l’application « Bugs Matter », prenez une photo de votre plaque d’immatriculation au départ de votre trajet, et une autre à l’arrivée. Vous cliquez, et il suffit d’envoyer.

Cette expérience de science participative est née en Angleterre il y a quatre ans, où des milliers d’automobilistes se sont déjà prêtés au jeu. Les chercheurs de cet institut viennent donc de lancer l’expérience  en France et espèrent des milliers de contributions : « On voit bien qu’il y a un effondrement, notamment dans les zones où l’agriculture est intensive. On va pouvoir le mesurer et on invite d’ailleurs les gens qui ont des doutes vis-à-vis de ce genre de résultats à participer pour qu’ils puissent eux-mêmes faire le constat », souligne Grégoire Loïs, codirecteur programme Vigie-Nature du Muséum national d’Histoire naturelle.

De quoi objectiver le « syndrome du pare-brise propre » qui frappe la plupart des automobilistes étant déjà derrière un volant au début des années 2000.Rappelons , une étude publiée en 2017 dans la revue PLOS One qui  avait montré déjà qu’entre 1989 et 2016, sur une soixantaine de petites zones protégées, insérées dans des paysages agricoles, la biomasse d’insectes volants capturés dans des pièges standardisés avait chuté de 75 % à 80 %.

Colin Fontaine, directeur scientifique de Vigie-Nature rappelle aussi que 80 % des plantes à fleurs de la planète se reproduisent grâce aux pollinisateurs, que certains participent au recyclage de la matière organique dans les sols – assurant ainsi leur fertilité –, que d’autres contrôlent les ravageurs des cultures et que la majorité d’entre eux forment le socle de la chaîne alimentaire des écosystèmes terrestres

Muséum national d’Histoire naturelle – « Bugs Matter »(Nouvelle fenêtre)