Toujours et encore des microplastiques : à quand une réglementation plus stricte de cette utilisation massive

Il n’est pas un mois qui ne voit pas publier une étude (1) mettant en évidence la présence de microplastiques, ou de nanoplastiques dans une partie du corps humain. Ce mois ci c’est une étude sur 304 patients qui montre la présence de particules plastiques dans des plaques d’athérome et fait le lien avec des risques (x4,5 ) d’évènements graves cardiovasculaires. Le polyéthylène a été détecté dans la plaque carotaire de 150 patients (58,4 %), avec un taux moyen de 21,7 x 24,5 microgrammes par milligramme de plaque; 31 patients (12,1 %) avaient également des quantités mesurables de chlorure de polyvinyle, avec un taux moyen de 5,2 x 2,4 microgrammes par milligramme de plaque.  Dans un commentaire pour theheart.org | Medscape Cardiology, le docteur Philip Landrigan, auteur d’un éditorial accompagnant la publication de l’étude dans le NEJM, a qualifié le lien de « fortement suggestif ».

Le mois précédent c’était la revue Toxicological Sciences,(2) qui confirmaient les résultats  que tous les échantillons de placentas étudiés  étaient contaminés aux microparticules de plastique. Cette  équipe de chercheurs de l’Université du Nouveau-Mexique  a même identifié le plastique le plus fréquent dans le tissu placentaire : le polyéthylène, ce plastique avec lequel sont fabriqués sacs et bouteilles.

Et pourtant un rapport publié en 2021 par le Programme pour l’environnement de l’ONU (UNEP) intitulé “De la pollution à la solution“, alertait  sur la présence de substances chimiques des microplastiques et leurs effets sur la santé “en particulier chez les femmes”.

 le Pr Landrigan apporte alors en conclusion : « Nous sommes tous des citoyens au sens large et nous devons nous informer et faire pression sur nos élus pour qu’ils élaborent un cadre juridiquement contraignant qui plafonnera la production de plastique »

Plus que jamais nous ressentons l’obligation dans l’univers ardu de la réglementation chimique de créer un « GIEC de la chimie », à l’image du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), il est envisagé dans les instances onusiennes pour juin 2024. Nous resterons attentifs.

(1) L’étude, dirigée par le Dr Raffaele Marfella, de l’université de Campanie Luigi Vanvitelli, à Naples (Italie), a été publiée dans le NEJM (New England Journal of Medicine) le 7 mars 2024. https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2309822?query=featured_home&logout=true

(2) l’Université du Nouveau Mexique (UNM) qui s’est s’intéressée à la présence de microplastiques dans le corps humain a publié dans la revue Toxicological Sciences

https://academic.oup.com/toxsci/advance-article-abstract/doi/10.1093/toxsci/kfae021/7609801?redirectedFrom=fulltext