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Etude INVS et Fivnat

L’Institut de veille sanitaire (InVS) et  l’association « Fivnat » ont coproduit le 24 février dernier une étude dans la revue « reproduction » mettant en évidence une forte baisse de la concentration de spermatozoïdes – de près d’un tiers sur une période de seize ans ce qui avait déjà été constatée au niveaunational.

L’Aquitaine et le Midi-Pyérénées présentent un déclin plus marqué que la moyenne.

Pour les auteurs, ces résultats renforcent l’hypothèse d’un effet d’une exposition environnementale à des perturbateurs endocriniens. Ces deux régions ont en effet une forte vocation agricole et la population y est particulièrement exposée aux pesticides. Des résultats de la même équipe, rendus publics voilà un an, avaient déjà montré une baisse générale de la qualité du sperme des Français. Celle-ci s’érode à une vitesse remarquable. Entre 1989 et 2005, la concentration en spermatozoïdes a chuté d’un tiers. Si l’érosion se poursuit à ce rythme, la moyenne française sera au seuil d’infertilité d’ici moins de trente ans.

L’apport de cette nouvelle publication est d’opérer une discrimination régionale, pour tenter de déterminer des causes à ce déclin. Ce travail s’inscrit dans la continuité de l’étude réalisée par l’Institut et publiée en décembre 2012 dans la revue Human Reproduction. Cette première étude concluait à un déclin de la qualité du sperme en France (concentration et morphologie des spermatozoïdes) dans un échantillon proche de la population générale entre 1989 et 2005. Cette étude était innovante par rapport aux éléments disponibles antérieurement à ce sujet en France, du fait notamment de l’échantillon étudié (26 609 hommes),couvrant la totalité du territoire métropolitain sur une période importante (17 ans).

Réalisée à partir des données de la base Fivnat, dans laquelle ont été enregistrées, jusqu’en 2005, les tentatives d’aide médicale à la procréation (AMP) en France, la nouvelle étude porte sur le même échantillon et la même période que la première étude, et fournit, pour la première fois, un éclairage au niveau régional (21 régions de France métropolitaine – hors Corse -).

La similarité globale des tendances observées d’une région à l’autre plaide en faveur de l’intervention d’un facteur qui aurait affecté la population dans sa quasi-totalité. On peut ainsi évoquer notamment un rôle de l’exposition croissante de la population aux perturbateurs endocriniens depuis les années 1950. Les régions dans lesquelles les tendances à la diminution de la concentration et de la qualité morphologique sont les plus marqués sont en outre des régions présentant une forte activité viticole pouvant être à l’origine d’expositions professionnelles ou environnementales aux pesticides.

Attention aux polluants atmosphériques pour notre santé

Une étude INSERM de 2006 signifiait : Attention aux polluants atmosphériques et désormais personne ne peut dire que ce n’est pas un phénomène connu

Attention aux polluants atmosphériques !

Dés les études présentées en 2006 L’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médical) avait tiré la sonnette d’alarme. Les enfants des villes développeraient une sensibilité exacerbée aux allergies, liée à la présence trop importante de polluants atmosphériques…

Décryptage.

Avec une prévalence de près de 30% dans le monde, les allergies chez l’enfant deviennent de plus en plus préoccupantes. Qu’elles soient alimentaires, cutanées ou respiratoires, elles constituent un véritable problème de santé publique. Les chercheurs de l’unité Inserm 707, sous la direction d’Isabella Annesi-Maesano viennent d’achever la deuxième phase du volet français de l’étude ISAAC (International study of asthma and allergies in chilhood) portant sur des suivis de 5000 enfants datant de l’année 2000.

Six villes françaises passées au crible :

L’enquête réalisée dans six villes françaises (Reims, Créteil, Strasbourg, Clermont Ferrand, Bordeaux, Marseille) a permis, pour la première fois, de déterminer l’effet de la pollution atmosphérique de proximité(1) sur le développement de l’asthme et des allergies. Les résultats montrent une augmentation significative de ces pathologies même dans les zones où les niveaux de pollution atmosphérique sont proches des moyennes maximales recommandées par l’OMS. On compterait environ 25% d’allergiques et ils sont chaque année de plus en plus nombreux. Les personnes asthmatiques et les enfants en général sont considérés comme étant plus vulnérables à l’exposition aux polluants. Dans le cadre de l’Etude des 6 villes, les chercheurs de l’Inserm ont étudié l’impact de deux polluants atmosphériques liés au trafic automobile sur la santé allergique et respiratoire des enfants : le dioxyde d’azote (NO2) et les particules fines (2) émises par les véhicules. Les particules fines peuvent rester en suspension pendant des heures et même des jours. Plus leur taille est réduite, plus elles pénètrent profondément dans les voies aériennes déclenchant asthme et allergies respiratoires. Les particules fines pénètrent jusque dans les bronches.

Pollution + trafic = alerte !

De nombreuses données scientifiques montrent un lien entre la pollution due au trafic routier et les allergies. In vitro, par exemple, les particules fines émises par les véhicules diesel, favorisent la synthèse d’immunoglobuline E (un des marqueurs de l’allergie). In vivo, le NO2, quant à lui, irrite les poumons, diminue les défenses de l’organisme contre les infections des voies respiratoires et a été mis en cause dans la survenue d’asthme. À l’échelle de la population, il semble évident qu’il existe une association entre les allergies et l’augmentation de la concentration de particules fines dans l’atmosphère. Néanmoins, jusqu’à présent, les données disponibles sur les effets de la pollution atmosphérique urbaine étaient basées essentiellement sur les mesures de la pollution de fond ( correspondant à la pollution ambiante loin des sources – la pollution minimale à laquelle nous sommes tous au moins exposés dans une ville) réalisées par les stations de monitorage de la qualité de l’air. L’étude de l’Inserm apporte de nouveaux éléments permettant de préciser les effets sanitaires de la pollution de proximité sur plus de 5000 enfants.

Les écoles au cœur du réseau allergie1.jpg

Les chercheurs ont obtenu ces conclusions en mesurant précisément l’exposition des enfants à la pollution atmosphérique d’origine automobile, et ce, directement à proximité de leur lieu de vie. Pour cela, un système de capteurs passifs et de pompes, mis au point avec l’aide du Laboratoire d’Hygiène de la Ville de Paris, a été installé dans 108 écoles des 6 villes. Parallèlement, des médecins ont examiné les enfants et réalisé un bilan de santé. L’examen clinique a consisté en plusieurs tests allergologiques cutanées permettant de déterminer les origines des allergies. Puis les enfants ont été soumis au test de la course libre afin de déterminer l’apparition d’un asthme à l’effort. Selon l’analyse des plus de 7000 questionnaires qui visaient à connaître les antécédents d’allergies, près d’un jeune sur 4 a souffert ou souffre d’eczéma, un sur cinq de rhinite allergique et un sur dix souffre d’asthme. Pendant l’année ayant précédé l’enquête, 8,1% avaient eu des symptômes évocateurs d’asthme. Pendant la période de l’étude, 10,6% des enfants ont présenté un eczéma et 8,6% un asthme à l’effort quelle que soit leur exposition aux polluants.

Mettez-les au vert !

Pour les quelque 5.300 enfants dont le bilan de santé était complet, l’enquête montre un lien entre la pollution atmosphérique de proximité et la survenue d’asthme et d’allergies. Plus précisément, les enfants qui vivent depuis au moins 8 ans dans des lieux où les niveaux de pollution atmosphérique liée au trafic automobile ne dépassent pas excessivement en moyenne les valeurs guides pour la qualité de l’air recommandées par l’OMS3, souffrent significativement plus d’asthme allergique (presque 2 fois plus), d’asthme à l’effort (1,5 fois plus) et d’eczéma (3 fois plus) par rapport aux enfants qui vivent dans des zones où les concentrations sont inférieures. Une tendance identique est également observée pour le rhume des foins. Isabella Annesi-Maesano, chargée de recherche à l’Inserm et coordinatrice de cette enquête conclut : « les valeurs seuils recommandées par l’OMS ont été longtemps considérées comme acceptables et sans danger. Mais de plus en plus de données indiquent que l’on trouve des effets nocifs pour des valeurs qui ne les dépassent pas de beaucoup. Ce sont des effets allergiques, respiratoires, cardiovasculaires…» A l’heure actuelle aucune étude n’a réussi à déterminer un seuil de concentration en deçà duquel les particules ambiantes sont sans effet sur la santé.

1 c’est à dire la pollution ambiante déterminée par le voisinage de sources d’émissions fixes ou mobiles et qui ne résulte pas majoritairement de transferts atmosphériques à longue distance. C’est la pollution maximale à laquelle nous sommes exposés.

2 On considère comme fines, les particules dont le diamètre est inférieur à 2,5 μm( PM 2,5)

3 Les seuils limites recommandés par l’OMS sont respectivement de 40 g/m3 pour le NO2 et 10 µg/m3 pour les particules fines. Selon l’OMS, la pollution atmosphérique par les particules en suspension (ou matières particulaires) coûterait à chaque personne vivant dans l’Union européenne environ 8,6 mois de sa vie

L’effet néfaste des particules atmosphériques sur la santé aujourd’hui reconnu :

pollution  et santé

De nombreuses études récentes montrent que la pollution atmosphérique urbaine liée à la présence de fines particules engendre une élévation de la mortalité. Le Ministère de l’Ecologie du Développement et de l’Aménagement durables indique qu’environ 30 000 décès anticipés par an sont liés à la pollution atmosphérique. Les polluants incriminés sont des gaz ou des particules très fines qui pénètrent dans l’appareil respiratoire.

Il est aujourd’hui établi que les particules les plus fines (PM 2,5; PM 10) entraînent :

  1. Une augmentation des affections respiratoires (bronchiolites, ..)

  2. Une augmentation de la morbidité cardio-vasculaire

  3. Une incidence sur la mortalité à court terme pour affections respiratoires ou cardio-vasculaires

  4. Une incidence à long terme sur la mortalité à long terme par effets mutagènes et cancérigènes.

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