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Alerte au cadmium

Le cadmium est l’un des métaux lourds les plus dangereux qui soient (plus toxique que le plomb) mais il a fallu attendre les années 50 pour s’en rendre compte. il faut s’en méfier au même titre que le mercure et l’aluminium. Il est surtout réputé pour menacer la santé des fumeurs : chaque cigarette contient un microgramme de cadmium. Et comme ce métal est très volatil, son taux d’absorption par voie pulmonaire atteint 50%.  le niveau de cadmium dans le sang d’un fumeur est en moyenne deux fois plus élevé que celui d’un non-fumeur.

Dans les années 90, la pollution environnementale au cadmium a connu des pics. Alors on s’est méfié des piles et batteries au nickel-cadmium (les deux tiers du marché mondial à l’époque), et à partir de 2008 l’Union européenne a imposé leur élimination.Le cadmium est aussi utilisé comme stabilisant pour PVC et enduits de métaux, comme pigment pour plastiques, céramiques, photocopies et photographies. On en trouve jusque dans les cellules des panneaux solaires (c’est un excellent semi-conducteur). C’est dire qu’il est largement utilisé.

A chaque fois que nous ingérons du cadmium, notre organisme en stocke une partie, d’abord dans le foie puis de façon plus définitive dans les reins. A l’âge adulte, la quantité totale de cadmium dans l’organisme passe facilement à 40 milligrammes par accumulation. Et en avançant en âge le risque croît : quand la concentration dans le rein dépasse les 200 mg par kg, les lésions deviennent irréversibles. Cette pollution par bioaccumulation est triplement dangereuse car :
– le cadmium est néphrotoxique,
– c’est un cancérigène classé par le Centre international de recherche sur le cancer,
– il se comporte enfin comme un perturbateur endocrinien.

Un avis de l’Anses publié le 24 novembre 2011 sur la base d’études collectées à l’échelle européenne aurait dû nous alerter d’autant qu’il mentionne  une étude américaine  en fin de rapport : « ATSDR (2008) Draft toxicological profile for cadmium – Agency for Toxic Substances and Disease Registry, Atlanta GA. » Par ailleurs une autre étude publiée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) l’a également dit en 2012.

Selon les derniers chiffres (officiels bien sûr), 5% d’entre nous seraient exposés à une dose supérieure à la dose hebdomadaire tolérable (DHT), dose qui a été fixée à 2,5 microgrammes de cadmium par kilo de poids par semaine.

Et 5%, ce n’est pas rien d’autant que les premiers touchés sont les enfants : à travers l’avis de l’Anses  cité plus haut, 1 enfant sur 6 dépasse cette dose tolérable de 2,5 microgrammes. La contamination proviendrait essentiellement de l’eau, l’air, certains fruits secs, céréales, graines oléagineuses et légumes secs et… de la nourriture pour bébés.

A partir de 2015, les laits maternisés et les laits de croissance seront soumis à des limites de teneur en cadmium mais il faudra attendre 2019 pour les produits chocolatés et le cacao.

Draft toxicological profile for cadmium – Agency for Toxic Substances and Disease Registry, Atlanta GA.

http://www.atsdr.cdc.gov/toxprofiles/tp.asp?id=191&tid=34