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l’Anses attire l’attention à porter sur 5 molécules avec des phtalates dans les jouets

Substituts de phtalates dans les jouets des 0-3 ans: l’ANSES se veut rassurante

Après l’alimentation il y a quelques jours, l’Anses vient de rendre ce 4 octobre un rapport portant sur 5 substances chimiques présentes dans les jouets et équipements en plastique des moins de 3 ans. L’exposition à de multiples substances chimiques présentes dans des produits de consommation, pendant les périodes critiques du développement de l’enfant (période périnatale, petite enfance), est évoquée parmi les hypothèses qui permettraient d’expliquer l’augmentation de l’incidence de certaines pathologies telles que l’obésité, les troubles neuro-développementaux, des effets sur l’appareil reproducteur, etc. Les enfants, en particulier ceux âgés de moins de 36 mois, constituent une population particulièrement vulnérable.L’Agence se veut rassurante, mais il faut rester prudent, car pour plusieurs des substances examinées, les données semblent insuffisantes. Notre partenaire le WECF vous livre ses conclusions principales.

Pourquoi les plastiques?

Il est rappelé  que les jouets en plastique sont la catégorie de jouets la plus vendue en France, et que le plastique est, avant les tissus, le matériau le plus couramment mis à la bouche par les 0-3 ans. Le polychlorure de vinyle (PVC) représente l’une des matières plastiques les plus utilisées dans le domaine des jouets et les plastifiants les plus utilisés dans le PVC sont les phtalates.Le rapport rappelle par exemple les différents types de plastique utilisés pour les produits pour enfants : polyéthylène, polyesters (PES), polychlorure de vinyle (PVC), polypropylène (PP), polyuréthane (PU), polycarbonate (PC), poly acrylonitrile butadiène styrène (ABS), polyacétate de vinyle (EVA) et enfin époxydes (EP). Le marché du jouet progresse de 3 à 6% par an en Europe, malgré une baisse dans les pays du Sud. L’Anses s’est focalisée sur les jouets premier âge, les poupées et jeux de construction, les plus populaires. Sont notamment utilisés dans les jouets en plastique, des phtalates et substituts, des retardateurs de flamme (par ex., PeBDE, OBDE, DeBDE, TBBPA, HBCDE, TECP), des paraffines chlorées à chaînes courtes (SCCP), des HAP, du BPA et des métaux.

bébé qui joueCadre de l’étude :

  • comprendre et réduire les expositions des plus jeunes aux substances les plus dangereuses (PNSE 2)
  • jouets en plastique sont la catégorie de jouets les plus vendus en France
  • Les 5 substances sur lesquelles l’expertise de l’Anses s’est concentrée sont les substituts de phtalates suivants :ATBC, DINCH, DEHTP, TXIB, DOIP
    • le cyclohexane-1,2-dicarboxylate de diisononyle (DINCH),
    • le téréphtalate de bis(2-éthylhexyle) (DEHTP),
    • le di-2-éthylehexyle isophtalate (DOIP),
    • l’acétylcitrate de tributyle (ATBC),
    • le diisobutyrate de 2,2,4-triméthyl-1,3-pentanediol (TXIB).

Résultats & conclusions principales :

  • 2 phtalates interdits retrouvés dans 4 jouets
  • Pour 4 composés (ATBC, DINCH, DEHTP, TXIB), au vu des connaissances actuellement disponibles, il n’y a pas de mise en évidence de risques sanitaires pour les enfants de moins de 3 ans ;
  • Pour le DOIP, le manque de données disponibles est problématique, et l’Agence recommande de ne pas l’utiliser dans les jouets et équipements en matière plastique, sans avoir au préalable acquis des connaissances sur sa toxicité ;
  • Mener des tests de résistance à la salive de manière systématique pour tous les jouets destinés aux 0-3 ans ;
  • Permettre un accès à des informations sur les rappels de produits (RAPEX) sur un site institutionnel en français
  • Par ailleurs, au vu de la présence constatée de substances dont l’usage est restreint ou interdit dans de nombreux jouets commercialisés en Europe,  l’Agence rappelle l’utilité  des contrôles réalisés au niveau de la filière du jouet, afin d’éviter la présence sur le marché français de jouets non conformes à la réglementation, et recommande de maintenir a minima une telle pression de vigilance.

Retrouvez l’article  dans le dossier ci dessous :

Consultez l’AVIS et RAPPORT de l’Anses relatif aux “Jouets et équipements pour enfants en matière plastique destinés aux enfants de moins de 3 ans”

Où en est la stratégie perturbateurs endocriniens ? (SNPE)

WECFNous relayons le communiqué de presse de notre partenaire le WECF : La France finalise sa Stratégie Nationale Perturbateurs Endocriniens: mais où est passée l’interdiction des PE dans les jouets, plébiscitée par le grand public ? 

Communiqué de presse I Annemasse I le 28 avril 2014

 La SNPE (Stratégie Nationale Perturbateurs Endocriniens) tant attendue est sur le point d’être finalisée : après plusieurs mois d’attente, à l’issue des travaux du groupe de travail multi-acteurs et d’une consultation publique, le projet sera présenté ce 29 avril au Conseil National de la Transition Ecologique (CNTE). Le texte reprend globalement des demandes fortes exprimées par les ONG ayant participé aux débats, en matière de critères de définition ou encore de fermeté sur l’application des critères d’exclusion en matière de biocides et pesticides. Il manque pourtant un point important à cette proposition, puisque l’interdiction des perturbateurs endocriniens dans les jouets n’apparaît pas dans le projet final de stratégie. WECF qui a porté cette exigence souhaite sa réintégration dans le texte de la SNPE.

 Porter l’interdiction des PE dans les jouets en Europe : une annonce de décembre 2012

C’est en décembre 2012 lors d’un colloque international sur les perturbateurs endocriniens que le ministère de l’écologie affirmait vouloir « proposer au niveau communautaire l’interdiction de mise sur le marché communautaire des jouets et articles de puériculture contenant des perturbateurs endocriniens préoccupants ». Nous nous étions félicitées de cette annonce, qui coïncidait avec les demandes de WECF.

La pétition lancée par WECF pour dire stop aux PE dans les jouets sur Change.org avait d’ailleurs recueilli plus de 30 000 signatures avant d’être présentée aux ministères de la santé et de l’écologie.

 Une proposition plébiscitée lors de la consultation publique en 2013

A l’issue des travaux du groupe multi-acteurs chargé d’élaborer la SNPE, le projet a été soumis en consultation publique, de juillet à septembre 2013. Sur les 1056 commentaires recueillis en ligne, 629 soit plus de la moitié ont affirmé leur soutien à la pétition Stop aux PE dans les jouets. Preuve s’il en est que le grand public considère bien cette mesure concrète comme une priorité : si récemment une limite de migration du bisphénol A a été annoncée dans les jouets, cela ne saurait suffire à couvrir le champ des perturbateurs endocriniens dans les jouets. A l’instar des CMR (cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques), interdits dans les jouets, les perturbateurs endocriniens sont des substances extrêmement préoccupantes qui n’ont pas leur place dans des produits pour enfants. La Stratégie nationale est une opportunité unique pour la France de porter ce message clair auprès de ses partenaires européens, elle ne doit pas être manquée.

 Contacts presse :

Elisabeth Ruffinengo, responsable plaidoyer WECF France

elisabeth.ruffinengo@wecf.eu / 04 50 83 48 13  – 06 74 77 77 00